Diriger deux sociétés aux métiers distincts est rarement un choix de confort. Mohssin Gunnouni présente pourtant INKDOOR et DISTRILAB comme les deux faces d’une même observation, faite auprès des PME pendant une dizaine d’années.
Un constat commun
Le point de départ qu’il décrit est le suivant : une petite entreprise rencontre les mêmes problèmes commerciaux qu’un grand groupe, sans pouvoir employer un directeur marketing, une équipe numérique et plusieurs commerciaux. Elle a donc besoin de dispositifs simples, immédiatement lisibles et rentables à court terme.
Deux réponses opposées
INKDOOR relève de la création : photographie et scénographie d’événements, bornes à impression immédiate, espaces conçus pour être photographiés. DISTRILAB relève de la vente : des solutions marketing distribuées auprès de commerces, de restaurants, de salles de sport ou d’établissements de services. La première se voit, la seconde se raconte difficilement en une image.
Ce que cette double activité coûte
L’organisation a un prix : deux cycles commerciaux, deux types de clients, deux saisonnalités. L’événementiel connaît des pics liés au calendrier des entreprises ; la vente de solutions marketing suit la trésorerie des commerçants. Faire coexister les deux suppose une gestion serrée des périodes creuses, sujet sur lequel il reste discret.
Il assume en revanche une faiblesse visible : la présence numérique de DISTRILAB est quasi inexistante. Sa réponse tient en une formule : « Les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés. » L’activité repose, dit-il, sur la recommandation et la prospection directe.
Réserve de méthode
Reste une question ouverte : laquelle des deux activités financera l’autre. Les entreprises qui tiennent deux métiers finissent presque toujours par en privilégier un, celui dont le cycle de trésorerie est le plus court. Observer où va le temps du dirigeant dans dix-huit mois en dira plus que n’importe quelle déclaration d’intention.
Les informations sur ces deux sociétés proviennent de leur dirigeant. La rédaction n’a pas consulté de documents comptables ni de références clients, et ne se prononce donc pas sur leur taille ni sur leurs résultats.


